Depuis la route, on la remarque à peine : une bande d’arbres sombres au bord de l’eau. Vue du bateau, c’est autre chose. On glisse le long des racines, on cherche les crabes, on écoute. Petit guide pour comprendre ce qu’on a sous les yeux.
Une forêt dans l’eau salée
La mangrove pousse là où la mer et les rivières se rencontrent. Sel, vase sans oxygène, marées qui montent et redescendent : la plupart des arbres n’y tiendraient pas une semaine. Les palétuviers, si. Autour du lagon, mangrove, forêt marécageuse et marais couvrent plus de 5 000 hectares.
Quatre palétuviers, quatre caractères
Le palétuvier rouge (Rhizophora mangle) tient la première ligne. Ses racines en arceaux lui servent d’échasses dans la vase, et c’est le seul capable de vivre avec quelques dizaines de centimètres d’eau sur les pieds. Depuis le bateau, c’est surtout lui qu’on aperçoit.
Un peu en retrait poussent deux palétuviers noirs, Avicennia germinans et Avicennia schaueriana. Leur astuce : ils évacuent le sel par les feuilles, et des petites racines pointent hors de la vase pour aller chercher l’air.
Le palétuvier blanc (Laguncularia racemosa) se tient plus en arrière, là où l’eau est moins salée. Le palétuvier gris (Conocarpus erectus), lui, aime les sols de sable ou de roche, presque sur la terre ferme.

