La mangrove du Grand Cul-de-Sac Marin

Depuis la route, on la remarque à peine : une bande d’arbres sombres au bord de l’eau. Vue du bateau, c’est autre chose. On glisse le long des racines, on cherche les crabes, on écoute. Petit guide pour comprendre ce qu’on a sous les yeux.

Une forêt dans l’eau salée

La mangrove pousse là où la mer et les rivières se rencontrent. Sel, vase sans oxygène, marées qui montent et redescendent : la plupart des arbres n’y tiendraient pas une semaine. Les palétuviers, si. Autour du lagon, mangrove, forêt marécageuse et marais couvrent plus de 5 000 hectares.

Quatre palétuviers, quatre caractères

Le palétuvier rouge (Rhizophora mangle) tient la première ligne. Ses racines en arceaux lui servent d’échasses dans la vase, et c’est le seul capable de vivre avec quelques dizaines de centimètres d’eau sur les pieds. Depuis le bateau, c’est surtout lui qu’on aperçoit.

Un peu en retrait poussent deux palétuviers noirs, Avicennia germinans et Avicennia schaueriana. Leur astuce : ils évacuent le sel par les feuilles, et des petites racines pointent hors de la vase pour aller chercher l’air.

Le palétuvier blanc (Laguncularia racemosa) se tient plus en arrière, là où l’eau est moins salée. Le palétuvier gris (Conocarpus erectus), lui, aime les sols de sable ou de roche, presque sur la terre ferme.

Racines de palétuviers rouges dans l'eau turquoise de la mangrove du Grand Cul-de-Sac Marin en Guadeloupe

De la mer vers la terre

Si vous pouviez traverser la mangrove à pied, vous verriez le paysage changer. Côté lagon, des arbres d’une dizaine de mètres dans une eau très salée. Puis une zone basse, autour de 2 mètres, là où le sel se concentre. Puis de grands arbres de 10 à 20 mètres, quand l’eau s’adoucit. Encore plus loin commence la forêt marécageuse, celle du mangle-médaille, et enfin les marais d’eau douce.

À quoi sert-elle ?

À beaucoup plus qu’on ne l’imagine.

  • C’est la crèche du lagon. Près de 100 espèces de poissons y passent, et les juvéniles grandissent à l’abri des racines.
  • Elle retient la boue et une partie des pollutions qui descendent des rivières. Sans elle, les herbiers et le corail s’étoufferaient.
  • Quand la mer forcit, elle encaisse les vagues et protège la côte.
  • Et sa vase garde enfermée une bonne quantité de carbone.

Qu’est-ce qu’on y voit ?

Regardez les racines du palétuvier rouge : elles sont souvent couvertes d’huîtres de palétuvier. Sur la vase, des crabes détalent. Dans l’eau, des bancs de petits poissons. Hérons et aigrettes chassent sur les bords, frégates et pélicans bruns passent au-dessus. Le Parc national cite aussi le crabe violoniste, le crabe nageur, le sémafot, et même le pic de la Guadeloupe. On vous présente tout ce petit monde sur la page faune du Grand Cul-de-Sac Marin.

Fragile, vraiment

Remblais, déchets, pollution : la mangrove supporte mal les activités humaines. Dans le lagon, elle est dans le cœur du Parc national. Quand on la longe, on reste à bord, on baisse la voix, et on ne casse pas une branche.

La voir avec nous

La mangrove fait partie de notre excursion lagon et mangrove, au départ de Sainte-Rose. Le bateau avance doucement le long des palétuviers pendant que le guide raconte. Les enfants adorent.

Pour aller plus loin : notre page Grand Cul-de-Sac Marin, et la fiche mangrove du Parc national.