La faune du Grand Cul-de-Sac Marin

« On va voir des tortues ? » C’est la question qu’on entend le plus au départ du port. Souvent oui, toujours pas. Le lagon abrite bien plus que des tortues, et c’est ce qu’on vous présente ici : ce que vous pouvez croiser, et comment l’observer sans le faire fuir.

Les tortues marines

Dans les eaux des Antilles, il passe cinq espèces de tortues marines. Trois pondent sur les plages de Guadeloupe : la luth, la verte et l’imbriquée.

Dans le lagon, on croise surtout les deux dernières. La tortue verte (Chelonia mydas) broute les herbiers. L’imbriquée (Eretmochelys imbricata) traîne plutôt près du récif ; on la reconnaît à son bec pointu et aux écailles de sa carapace, qui se chevauchent comme des tuiles.

Elles sont toutes protégées, et c’est surtout les filets de pêche qui les menacent. On en voit régulièrement, mais personne ne peut le promettre. Pour en apprendre plus ou signaler une observation, le Réseau Tortues Marines Guadeloupe fait un travail formidable.

Tortue marine nageant près du fond, une rencontre possible en snorkeling en Guadeloupe

Les oiseaux

Levez la tête. La grande silhouette noire qui plane sans un coup d’aile, c’est la frégate. Celui qui plonge tête la première pour attraper son poisson, c’est le pélican brun. Et les petits oiseaux vifs qui rasent l’eau, ce sont les sternes, qui nichent sur certains îlets.

Le long de la mangrove, hérons et aigrettes guettent les petits poissons. À l’îlet aux Oiseaux, on reste à distance, depuis le bateau. Et pendant la nidification, plusieurs îlets ferment carrément : l’îlet Blanc, par exemple, du 15 avril au 30 septembre.

Sous la surface : le récif et l’épave

La barrière de corail court sur 29 km. Une cinquantaine d’espèces de coraux la construisent, et une trentaine de gorgones s’y balancent. En masque et tuba, vous verrez des poissons-perroquets, des chirurgiens, des sergents-majors, des poissons-papillons. Ces derniers sont d’ailleurs suivis de près par le Parc, car ils renseignent sur la santé du récif. Quant à l’épave, le corail l’a colonisée, et les poissons en ont fait leur quartier.

Coquillages et petites bêtes

On a recensé 158 espèces de mollusques dans le lagon. La plus connue, c’est le lambi, grand coquillage rose des herbiers. Sa pêche est encadrée, avec une taille minimale et une fermeture pendant la reproduction, et pourtant ses populations continuent de baisser. Sur les îlets et dans la mangrove, vous croiserez aussi des bernard-l’ermite, des crabes et des huîtres de palétuvier.

Et les dauphins, les baleines ?

Pas dans le lagon : eux vivent au large. On en voit parfois sur la route de notre journée aux Saintes, sans garantie. Le lamantin, lui, avait disparu de Guadeloupe au début du XXe siècle. Une femelle venue de Porto Rico, Taicaraya, a fait une brève réapparition en 2025, avant d’être retrouvée morte en janvier 2026 : on raconte son histoire sur notre page herbiers.

Les bons réflexes

On ne touche pas, même la tortue qui passe à portée de main. On reste loin des oiseaux et des îlets fermés. On ne donne rien à manger aux poissons. Et on ne remonte ni coquillage, ni lambi, ni morceau de corail. Ces règles font partie de la réglementation du cœur de parc national. Pour observer tout ce monde avec un prestataire autorisé, voyez notre excursion lagon et mangrove.

Sur le site du Parc national : les tortues marines, les oiseaux, les récifs coralliens et les crustacés et mollusques. Retour à notre page Grand Cul-de-Sac Marin.